MAELLE LEVACHER
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Exposition
28 août-02 octobre 2013
à l'Ici, café lillois
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C'est mon petit frère qui, depuis Tunis, m'a envoyée Ici, dans un café de la rue d'Inkerman à Lille. Il m'enjoignait d'aller voir les travaux de Grégoire Dalle : « => tout est fait au stylo bille, ce type est extraordinaire ».

Allons donc voir le stylo-bille extraordinaire. Pas de spots pour éclairer les dessins, rendus autrement inaccessibles par la présence des consommateurs attablés sous les cadres suspendus. Ils ne sont pas là pour le vernissage mais pour discuter de choses intimes ; approcher ses yeux des dessins, ce serait approcher ses oreilles indiscrètes de leurs palabres pudiques. Renonçons pour l'heure à la moitié des œuvres exposées. Si tant est qu'elles souffrent de cette situation peu valorisante, elles s'en consoleront en écoutant la rumeur des petites voix éphémères, alcoolisées, chuchotantes des buveurs joyeux et amères. C'est un bar, avec ses inconvénients et ses avantages.

Mon petit frère, DJ Fatwan, mixe au Carpe Diem. Je le sais amateur de beaux arts, et de funk. Ses goûts musicaux concordent avec ses goûts graphiques : il y a de la funk dans les dessins de Grégoire Dalle. Des bandes de couleurs franches y font des arc-en-ciels démodés. Souvent le rythme des courbes et des ornements anime un thème spirituel, qui rappelle bien la ferveur tonique et dansante de la musique du Soul Train. À la source américaine encore (mais non afro) ont été puisés des personnages de comics : carrure, posture puissante, corps monochrome, ils ont les attributs des détenteurs de super-pouvoirs. Mais ils tiennent de l'Olympien aussi : posant dans des nuages mythologiques, Hulk se confond avec Jupin, et l'on reconnaît ailleurs un Minotaure.

Funk, comics, références hellénistes, est-ce tout ? Non, il y a encore le Japon. On voit de longs poissons effrangés ; parfois leurs plumes natatoires seules flottent dans les espaces décoratifs de l'image. Et l'on revoit autrement ce que l'on avait cru voir. Les arc-en-ciels démodés n'étaient pas ceux de la soul-TV, mais ceux des étoffes japonaises traditionnelles. Leurs demi-cercles concentriques dessinent les écailles de serpents-dragons et les gondolements étagés de nuages sans relief.

Que de rencontres ! Collages, séquences de texte manuscrit, stylo-bille, stylo-gel, stylo-feutre. Motifs importés de diverses cultures, personnages androgynes hyper-sexués, animaux et êtres anthropomorphes, courbes et angles saillants, scènes narratives et portraits, résille d'encre noire et bandes de couleurs vives, raffinement et vulgarité....

Vulgarité de sexes hideux exhibés, et vulgarité peut-être pire des à-plat d'orange fluo (qui produisent une effet sérigraphique) ; il y a des choses repoussantes dans ces dessins, mêlées au raffinement du détail infini de l'enluminure. La trame pointillée et fleurie de l'encre noire étend son infinie patience autour du corps massif d'un personnage central, généralement plein d'une couleur offensante. La résille prend parfois la forme d'un amas boursouflé par la division cellulaire. On décèle une tension verticale dans le corps lourd du personnage central, qui semble lutter contre sa pesanteur douloureuse ; est-il soutenu par la résille, comme dans un hamac,
ou prisonnier d'elle comme d'une arnitoile ?

Ils semblent bien prisonniers de leur propre matière, ceux dont on ne peut discerner les membres, ou dont le bout des ailes disparaît hors champ. Tous ces corps sont empesés de leur propre masse organique, dont la forme tantôt se perd dans les protubérances de chair flasque, tantôt se dessine exagérément sur des muscles tendus. Mais ces corps dont la chair est toujours un excès sont en mouvement dans un monde plat réduit à des ornements fixes. Si l'on se limite à cette remarque, on pourra dire que c'est un peu notre monde sous le pire de ses jours.

La plupart des dessins racontent une histoire. La composition équilibrée de l'ensemble repose sur une profusion de détails, parmi lesquels on est libre de voir, ici, l'œil de Dieu surmonté d'un champignon atomique qui vire à l'artichaut, l'œil de Dieu dans son tas de nuages percé de tentacules et d'ailerons d'avion, au milieu d'un essaim de petits livres colorés projetés partout autour du tas de nuages. Plus bas, plusieurs paires de mains, avides, crochues, dans un intense désir de préhension. Sous le triangle de l'œil, le triangle formé par trois personnages reliés par un cordon circonvolutionné ; du cœur du premier aux seins du second, des seins du second à la bouche du troisième (celui qui porte une auréole). Entre eux, les paires de mains qui cherchent à puiser l'énergie qui nourrira
la substance circulant dans le cordon.

La narration est dans l'ordonnancement dynamique et mouvementé des éléments décoratifs et des corps figuratifs.
Elle est aussi dans la répartition des espaces dévolus aux divers personnages qui figurent dans un même dessin.
Elle est enfin dans le message qui, par exemple, détourne la référence religieuse pour lui faire raconter implicitement notre histoire contemporaine. L'ironie inscrit l'enseigne « Döner Kebab » au dessus du portrait d'une Madone, et naît de l'artifice grossier des nuages élémentaires où trône un deus ex machina.

On peut s'abîmer les yeux à déchiffrer le gribouillis minuscule de notes manuscrites à peine lisibles.
Elles dénoncent le refuge dans le « protocole » des hommes qui s'organisent en société idolâtre sous l'effet de la terreur de l'anéantissement. Que faire de ma terreur ? L'enfouir sous le fatras protocolaire des cultes et des images. C'est fuir une apocalypse pour une autre. Les images et figures mystiques réarrangées dans ces dessins, sont au contact de bêtes indéfinissables, de dragons au corps souple et à la tête origamique, parmi les tours d'immeubles en feu et les champignons atomiques-artichauts. Cyniquement, « la fête atomique illumine le monde ».

Maëlle Levacher
sept. 2013

   

 

 

 

 

 

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LAETITIA BLANCHON
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Exposition
Galerie HENRI CHARTIER / LYON
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Critique et incisif sans jamais manquer d'ironie, Grégoire Dalle joue de la réappropriation d'un quotidien aseptisé : iconoclasme, détournement d'images populaires, pour sombrer dans un imaginaire fantasque. Du gigantisme des monstres aux poussières de particules, son oeuvre est porteuse d'une cosmogonie nouvelle, fusion rêvée d'une matrice céleste : « comètes électriques traversant les galaxies de muqueuse »٭

Dans l'infini de la matière, big bang d'énergie,
Grégoire Dalle crée sa mythologie, enfantement d'humanoïdes à la croisée du divin. En quête de l'unité créatrice l'artiste s'intéresse aux secrets de la vie organique. .Jouissance charnelle, pulsions bestiales, recherche de l'engendrement au travers des flux somatiques, « éjaculation d'énergie sur le papier »

Bouillonnement intérieur puis explosion de vie, toute entière incarnée par ces motifs frénétiques, à coup de feutres et de Bic ; enfance ranimée, parfum de mélancolie. Sur les traces d'une intimité parfois fantasmée, Grégoire Dalle se laisse aller à quelques confessions, écritures compulsives qui donnent à l'oeuvre une dimension nouvelle.

Artiste engagé, Grégoire Dalle joue d'un désenchantement pour creuser un monde aux strates multiples, autant de regards, ouverture des possibles...."

Texte de Laetitia Blanchon
janvier 2011

   


 

 

 

 

 



   

JEAN PAUL CHARTIER
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Exposition
Galerie HENRI CHARTIER / LYON
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Avec Grégoire Dalle, l'enfer est dans les détails, les détails d'une jouissance la plus microscopique possible. Chaque ponctuation est la source d'une multitude de contorsions gravitant jusqu'à l'ébullition incandescente dont il sort parfois des mots.Ce pullulement de jouissances est tel qu'il provoque inévitablement un gigantisme intempestif du corps...

Qui le confine à l'état de monstre. L'infinitésimal et l'immensité se répondent ainsi dans une nécessité à la fois minuscule et grandiose. L'infinitude des jouissances du monde lui répond dans une sorte d'emballement qui n'en finit pas de se reconstruire en corps mythiques aux attributs de guingois, décisifs et pantelants.

Mais parfois ce corps glorieux essaie de récupérer ses peaux successives. Il recolle les aponévroses en une sorte de monstre grandiloquent qui ne veut plus rien laisser voir.


JEAN PAUL CHARTIER / Psychiatre
janvier 2011

   

 

 

 

 

 

 




   

XAVIER CARCELLE
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"Dessins, dessins, dessins poussés jusqu'à la toile ou juste laissés sur un morceau de ticket de caisse, le détail y est important. Ce détail pointilliste donne l'envie de regarder plus longtemps l'ensemble, de plonger dans les poils dessinés et re-dessinés pour réaliser ces personnages mi-bête, mi-super-héros."


CAVIER CARCELLE
2010

   

 

 

 

 

 

 




   

DIANE ALEXANDRE
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Les travaux de Grégoire Dalle mêlent illustrations, collages, peintures, photographies et textes sans considération d'importance. Ses créations sont nées de l'idée que le fœtus, tout au long de son développement, re-crée l'environnement extérieur qu'il ne peut voir, grâce à la richesse de son imaginaire. Ici, l'artiste rejoint son oeuvre puisqu'il se fait lui-même enfant et ressuscite une imagerie prénatale, empruntant au monde des rêves, mais aussi à la réalité contemporaine, à ses références culturelles et à ses tabous.

Il nous fait pénétrer au cœur d'un univers mixte, un monde à mi-chemin entre la réalité urbaine et la fable poétique. Il couche sur le papier des paysages stylisés rappelant les banlieues modernes et les peuple de créatures étrangement surréalistes, souvent androgynes et parfois monstrueuses. Jamais effrayants, mais drôles ou doucement mélancoliques, ces personnages évoquent les grandes divinités cosmogoniques des religions ancestrales et de la mythologie. On retrouve parmi eux les figures sacrées du père et de la mère, les minotaures, les dragons, les prophètes bibliques.
Ce panthéon multiculturel est accompagné de toutes les représentations pictographiques du monde de l'enfance. Ces signes sont au croisement du livre d'image et de la publicité. On les retrouve souvent dans les compositions que Grégoire élabore en sa qualité de graphiste, où l'on peut déjà percevoir son goût pour l'utilisation du motif décoratif et l'originalité dont il fait preuve pour reprendre et transformer des images très populaires telles que Godzilla, Hulk, Spiderman ou encore la Sainte Vierge. Ces étranges compositions sinueuses et organiques font suivre à l'œil un parcours tortueux. Ici, l'architecture rencontre l'anatomique, le divin se mêle au profane et l'enfant est entouré par l'idée du sexe, sans s'embarrasser des tabous et des interdits d'un surmoi adulte.

Le support de l'enveloppe est un outil qui permet à l'artiste d'inscrire son œuvre dans la contemporanéité, et d'en revendiquer l'authenticité puisque ce courrier, qu'il soit ouvert ou non, lui est adressé. Ces enveloppes permettent également des jeux bien plus intéressants qu'une simple feuille, car, comme dans ses dessins, on peut se perdre, chercher, rebondir d'une face à l'autre, soulever un rabat, s'amuser d'une transparence, s'étonner de ce qu'un timbre fiscal peut à ce point servir une composition graphique. Quant aux écrits qui accompagnent ces productions, ils appartiennent à un répertoire littéraire plutôt baroque. La récurrence des mots « chair », « viande », « mort » et « nuit » et l'intensité qui les suit rappellent les Tragiques d'Agrippa d'Aubigné. Si la violence n'apparaît pas dans les illustrations, elle est bien présente dans les textes. Mais c'est une violence enfantine, proche de la fougue amoureuse ou du caprice. L'enfant se mêle bientôt avec l'adulte. Tout n'est plus qu'organique, perçu à travers l'énorme matrice du monde intra-utérin.

DIANE ALEXANDRE

   

 

 

 

 

 




   

ETAPES GRAPHIQUES
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Polypes graphiques et créatures chimériques, l'artiste construit sa mythologie à partir d'images populaires et de motifs frénétiques. À coup de feutres et de Bic, l'univers chaotique qu'il dessine porte les traces d'une intimité parfois fantasmée.

ETAPES GRAPHIQUES

   

 

 

 

 

 

 




   

UNE CRITIQUE
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lors d'une expo à la Galerie 13
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Grégoire Dalle quant à lui, dénonce plutôt le pouvoir et le dégoût que celui ci génère. Ses dessins nombreux mais moins imposants que ceux de sa co-exposante sont parcourus par des monstres gonflés comme des outres, bovins impavides qui sillonnent le monde sans le comprendre. Ventre ballonné, sexe pendant, mamelles répugnantes: un portrait de notre président nous dévoile tout de sa digestion intime, Elizabeth II est également visée dans l'oeuvre « Timbre UK » où Grégoire Dalle s'est servi d'une lettre qu'on lui a envoyé comme support partiel de papier. Il est en effet le seul à utiliser le collage, la superposition de supports afin de « gonfler » l'oeuvre, de lui donner du volume. Il n'hésite pas à utiliser l'apport d'autocollant fruitier - « Bonita » - comme pour souligner l'aspect grotesque des sujets. Grégoire Dalle travaille aussi sur l'oeil, géant et rond, reprenant à son compte le mythe de « Big Brother », trahissant son angoisse d'une société saturée de motifs, étouffante, sans aucun point de fuite ou de vide pour reposer la vue du spectateur. Les cadres sont aussi extrêmement travaillés, baroques, luxuriants. Ici la rondeur n'est jamais faite pour la douceur, mais pour le dégoût organique tourné en dérision, maître mot d'un dessinateur qui parsème ses créations de textes personnels suintant de mépris.

(inconnue)

   

 

 

 

 

 

 




   

DES VIEUX TRUCS / GREGOIRE DALLE
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Rouge de sang...palpitant de noir....succombe aux assauts de ton éternel peur......
Devenir un dieu palpable dans sa viande, palpable dans son éponge d'émotions....
Sentir le pouvoir léchouiller ton sexe....se le faire dresser par une éternité de femmes
....gueule bien écartée......les bras bien en croix.....moyen de visée.....pour te permettre
De mieux plonger en leur milieu........des flots d'urine se dégage d'elles. A chaque
Va et vient de ta marée........tout ...en devient
Un océan de lumière....où les hommes oscillent entre le ciel et la terre.......petites
Marionnettes de viande coulant comme des super héros ............ le fil de morve se
Casse......et te voilà tomber doucement à la boue des étoiles.......tu t'y enfonces...encore...encore....
Toujours un peu plus......marée après marée.......tu peux voir le soleil palpiter doucement au travers d'un voile
D’or.........juste pour te faire oublier l'odeur montant de ton sexe.....nué de poisson mort s'enlaçant
À tes couilles........réserve incroyable de solitude......les faire couler...tes larmes de plaisir.....................et te voilà disparaitre
Juste le besoin de se croire dans un tout

 

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Perdu au fin fond du puit des terreurs....
Je cherche désespérément votre lumière...
En me cognant sur tous les pics sortant
Des parois.....tourne en bizarre dans
Cette perte totale de symétrie...les eaux
se soulèvent avec furies...j'essaye inlassablement
de passer la terre qui nous sépare...tendez moi la main...
tirez moi vers vous...donnez-moi un baiser...enlacez moi
de tous vos petits bras dodus....imaginer....tout imaginer.
dans le noir des peurs.....je suis un ange cloué au sol.....
les ailes arrachées, les yeux crevés.... avec dans la bouche
ma langue pissant tout le sang du monde...l'écrasant
de toutes mes dents pour oublier la douleur
de ne pouvoir vous toucher du bout des doigts......
...mon âme vous réclame....mon corps vous demande
douloureusement................ma bouche ruisselant
de sang, ne vous oublie pas. Toute ouverte à attendre
vos baisers...j'ai faim....................................
...............j'ai faim.........................................
...............de tout votre amour.......................

 

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je vous entend murmurer tout ce bonheur
à mon sexe.............................................
nos bouches se rencontrent dans l'harmonie
du gout et du corps......j'aime à me plonger
dans votre désir......les étoiles du monde
sont gardées précieusement au fond de
votre corps....j'adore les savourer du
bout de ma langue........ce sont les miennes,
Ce sont les vôtres.....formidable de symétrie

 

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..............."alchimie suave"......................
Juste une tristesse jetant sa douleur au regard des
Enfants...perdus dans la flaque de sang coulant
À leur sexe....

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Plante le couteau dans l'œil de celui qui
Pleure, cache lui sa misère...par la lame blanche. Qui l'ébloui
Sortira jaillissant un flot de désespoir...inondant de toute
Sa noirceur la ville si bleu...que le ciel en devint électrique....remparts
Rouge de cri. Femmes hurlant dans les fosses de chair...la semence ne sort
Plus. Il fait trop froid.....aujourd'hui....la maladie qui loge au fond de
Nos
Cœurs se manifeste de toute sa violence...courir pour échapper au
Commencement
..Mais les cris t'enserrent comme une camisole de peur...ne plus bouger. Se
Laisser oublier par la pluie...fondre sous elle.....devenir la
Mer.......coulé
Dans la pourriture vaginale de ma trop vieille mère......retourner.......
Au fond des marécages...respirer....enfin. Un peu de vie...!

 

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"Le sujet ce serait "l'élaboration
Du subconscient chez le fœtus......."
C’est à dire... "Essayer de retranscrire une
Relation entre le monde extérieur et le monde
Embryonnaire..." tout serait imaginer par
Le futur bébé....Lorsqu'il entend un bruit
Il retranscrit, décode ce message pour
S’en créer une vision.........Mais attention
"Si il entend une musique venant des
Abysses céleste....il n'imaginera pas un objet
Concret, mais un ensemble imaginaire du monde
Environnant..."

 

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Vous avez un bien joli cœur......pompeur de sang et d'émotions......

 

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"Le soleil est caché par cette colonne de chair s'élevant du
Ventre de toutes les mères..........je ne voie plus.... je suis retourné
Dedans le ventre de la terre, pour sentir ce slip qui me tient chaud depuis
La naissance"

 

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Tous ces poteaux de religion électrique nous barrent la vue................
Ça me rappelle dans le ton et les mots, du petit texte
Que j'ai écrits dans un coin d'urine........"Vous touchez le
Soleil avec votre langue, belle demoiselle de bonheur.»
Un jour...! Tu me feras frémir de douleur oubliée.....
Encore...encore.......!!!! Ma demoiselle... donné
Moi encore de votre lait..................
Ma gueule piaille devant ce téton proéminent....
Laisser couler tout au fond de ma gorge, vos mots
Si sucrés....

 

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 Les retours de guerre seront toujours pire que la guerre elle
Même.....

 

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La solitude m'écrasera au fond des marées sans vases
...tu deviendras une petite statue d'argile sentant la mère Gaïa...
Et tout recommenceras, en mieux, en nettement moins bien...
Mais tout recommenceras....y croire ....suffira à faire pleurer
Les arbres de lassitude.....ils se sont perdus....et ne se retrouveront jamais...
Peut-être que lorsque 2 corps malades se seront enlacés au pied de
Ces pics de granit.......

 

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"J’aimerais tant que tu me serres contre ton ventre....!"

 

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J’aimerais vous vouer à travers ces serrures gothiques...
Pour ne laisser passer que vos reflets de pureté....
Etre là assis à vous épier dans votre plus simple appareil...
Sang battant, sexe énorme de désir, reniflant chacun
De vos mouvements....... ouvrez la porte, s'il vous plaît...!
Je murmurai à votre oreille délicate....
Les louanges d'une vie se levant d'une terre
Crevant sous les talons des médiocres....Enlacer
De tous mes membres votre corps vibrant, sous
Des caresses trop intimes..... Le soleil, les oiseaux,
Le temps.......mort, comme celui que j'étais
Plus vivant que le jour pointant aux usines...je vous
Attends dans votre impasse de bonheur....... petite journée d'amour .........

 

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Vous êtes ma vierge souillée par la semence du Père....

 

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Rêve de genèse, effondrer ces cités de verre.... et
Se dresser inlassablement au-dessus de tous ces décombres...
Langue contre langue, nous nous plongerons dans nos couleurs marines...
Je te le promets tu ne te noieras pas.......eaux oxygénée de palpitation
Et de déraison..... À armes égales......!
Le pouvoir du feu
Contre celui de la chair....
Je vous laisse le choix des armes
Mademoiselle.....
Il n'y aura ni vainqueur, ni vaincu...
Juste de la béatitude.......

 

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Ça me fais peur, de vous savoir à armes égales
....vous entité féminine...moi. A genoux
Comme une trop pâle copie d'homme, à
Lorgner à travers toutes les serrures de votre
Corps.......je vous lèche mademoiselle, je vous lèche
De toute ma langue.....je vous avale...entièrement...
Et vous donnerais naissance, dans le plus pure
Des moments passés avec vous....

 

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Se lancer de tout son corps à la face des monstres
D’angoisses surgissant des eaux les moins
Profondes.......y parait que les trésors sont justes
Sous leurs pattes.... j'ai cru sentir le vent des chérubins ....

 

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Jour beau comme une enfant, qui se touche
Le bas ventre, avec dans les yeux toute la
tendresse du monde...

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Journée de liberté permise...sortie de taule ce matin,
Pour me retrouver entre vos ongles sanguinolents
De bonheur..............mon costume perd son fil,
Ma pensée s'envole vers la boue des étoiles....
Ce soir.....sera un autre monde. Mettez votre corps glacial de solitude
Tout au fond de ma gueule.......
Je vous réchauffais de toute ma vie....
Je suis un squale d'amour, perdu dans le
Temps, recherchant inlassablement une proie
À suçoter...

 

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Laisser palpiter en moi
Les néons jaunes de l'urine...
Être une immense vide bite, qui se
Perd dans la blancheur du café
De la "morgue"....

 

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Laissez palpiter en moi les néons jaunes de
L’urine, se laisser inonder bouche ouverte
De toute la crasse du monde.....tendez moi votre
Bras, que je puisse m'y enrouler, comme cette
Fumée qui s'échappe de nos cigarettes trop petites,
Et me dresser de toute ma laideur, pour venir m'écraser
Dans le fond du fond...il fait noir ici...trop noir......
Je ne vous vois plus....

 

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Seul contre vous, perdu
En une masse de chair dans le bide des monstres
Des mers d'angoisse....au fait, sont trésor est
Ici...dans ce ventre tout chaud....

 

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Après le déluge bave leste........voulez-vous y recréer
Le monde avec moi.......?????????

 

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Je vous attendrai, dessinant le monde....et
Ses laideurs....recroquevillé dans les bras étouffant
De votre charmante voisine...je boirai à son
Sein tout l'alcool tombant dans la gorge des hommes
Perdus............matrice des comptoirs de zinc....
Statuette clignotante d'eau de mort.....c'est un
Cauchemar que je me prépare....cauchemar...
Pour me réveiller et vous voir au travers de
Deux énormes seins poilus....."Qu’est-ce que j'écris moi....!"
Vous serez ma vision d'espoir dans ce monde de
Ténèbres....help.......help......je n'ai plus soif......
Le lait d'urine m'écœure....je vomis sur elle le sourire
Les lèvres...et les yeux globuleux...... délivrez-moi
vite de ses dents ....elle commence à me bouffer le
Ventre et tous les trésors qui s'y trouvent..............
C’est drôle. Je n'ai pas mal........je vous vois à crier...
À vous débattre pour m'enlever à elle....plus rien ne réagis....
Je suis mort ......dans les bras de votre voisine.....................

 

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Griffez moi de tous vos ongles...creusez
En moi...et blottissez-vous ou bon vous semblera.....
Je pose sur vos petites joues...ma langue de miel.....

 

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Le fruit de tous mes désirs.......l'arbre
Est grand...très grand.....asse pour deux....asse pour une vie....
Je vous y vois grimper et me chaparder quelques fruits
Bien mures...................croquez les....le jus en coule à flots
Le long de votre corps .........voyez-moi à genoux. Boire
Tout ce nectar à vos lèvres...........................................
Hammam...urine sucrée......descendant au plus profond
De ma gorge.......vous me fécondez.

 

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D’EUR de merde....texture gluante....
Sperme de vie...............primaire........waffff...je suis
Un gros animal à apparence humaine.....le ciel me coule dans les yeux...
Je vous pleure.....ma petite chatte ronronnant de soumission.......

 

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Tu vas aller chez Cab...?
Gaffe au chair fraiche mec....ça va te rendre fou......au fait tu découpes
Des femelles ou des mâles.......c'est important de savoir. Une nuit tu pourrais découper ta famille
Dans t'en rendre compte.......
Tu pourras toujours mettre ça sur la folie...les rêves bizarre et tout et tout.......
Le grand méchant loup s'adapte. Mec...des fois tu hulules sans aucune raison.....
Et bouffe a même la cellophane, les morceaux de beefsteak qui sont
Juste après la lumière froide du frigo....................................................;
Le sang te dégouline au fond de la gorge.......ça t'excite........ça te plait...encore...encore....
De la chair chaude maintenant.....une p'tite pute qui traine sur le bord d'une route ........
Ça se voit pas quand il n'u en a plus........le meurtre parfait....pas de mobile. Pas de lien.....
A + mec

 

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Te baigner dans la viande familiale....revenir
Dedans le ventre de ta mère........commencement....
Recommencement....ne parle plus....ne pisses plus...
Ne chies plus...enferme toi....tu retournes à l'état fœtal...........
Viens téter mon gros sein.......je te donnerais du lait
Rouge.......

 

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Aujourd’hui je vous parlerais de fleurs...de ciel...de soleil...
D’étoiles.....de vie....! Vous me remplissez de vie céleste.....
Ma beauté vient de vous.........je me sens incroyablement
vivant lorsque vous me serrez dans vos bras.....envie d'enlacer
Le soleil...d'apprivoiser ses flammes......de laisser courir la
Joie sur cette boule de plasma......de diffuser la lumière des étoiles.....
De vous aimer au cœur des enfers.....ne le dites à personne...mais
Le cerbère est un très bon ami...............on peut rentrer sans avoir
Tous les péchés du ciel sur les
Épaule........................................

 

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Fleur s'élevant au-dessus de toute la misère humaine. Je suis accroché à vos
Pétales rougeoyantes de soleil.....j'aime à voir le ciel bleu...........
Je ne pense qu'à vous....ça m'agace rudement....!!!!!!!!!!!!!!! Je suis un trop vieux marin pour me saouler de
Souvenirs.......crever la gueule ouverte.....regarder
Les autres s'envoler sur les marées trop hautes....je lève les yeux...
En pleurant sur le ciel...il n'y a plus d'épaules....pour étaler
Ma morve....malade d'une vie trop longue...mettre fin à rien....
Se laisser couler au fond de la vase.....amuser la terre de toute
Ma souffrance...la sentir m'enserrer doucement....je bloque...
Je ne veux plus crever...trop tard ...perdu trop loin au fond des marées....
Je ne tiens plus.......mes poumons inspirent toute la boue....la
Terre me chie dans la bouche.....je vomis ma vie....plus rien...!
Tout recommencer........avec vous madame....juste avec votre amour......
Nous sommes nus allongés sous ces arbres en fleuris de croix rouge...et
De bulle bleu.................guéris de tout........
Je mets de petites gouttes de votre parfum
Tout autour de moi............je frotte doucement
La petite fiole....et.prouuuuuuf vous apparaissez
Devant mes petits yeux brillants de religion......
Vos lèvres s'approchent des miennes...et là je me
Réveille...la bouche collée à l'écran..................! Je vous attends sous l'arbre de métal....
Une fleur de plastique dans la main droite
Et un cœur sanguinolent dans l'autre....
Venez vite en cette saison ses fruits...font
Un mal d'homme quand ils tombent........!!
Vous me manquez.........! Vous aussi m'avez manqué madame.......!
Il me plairait de m'enlacer de toutes
Mes lianes autour de votre corps.............
Et serrer, serrer de toute la madame
Nature...force originelle........qui me sort
Du bout des doigts....caressent de feuilles
Baisé de sèves...joie du soleil qui nous chauffe.
Ce soir...que faites-vous....?????.................. vous êtes dans ma bouche...je claque des langues
Et me tord les dents de ne pas vous embrasser.....
Mardi...mercredi...oulalalalalalalalala jeudi......vendrediiiiiiiii enfin
Je vous verrais et vous toucherais...... mes caresses vous aident elles à franchir le
Mur des brumes matinales....mademoiselle...?
Vous paraissez sous elles, la vierge ronronnant
Sous les doigts d'un ange sans ongles....... Le ciel
Se remplit de l'odeur d'urine...votre sexe s'ouvre à
Mon sexe.....je suis en vous...au plus profond de votre
Ventre...à la limite de la douleur....et ce pour
Les siècles et les siècles........AMEN L'univers se tiendra debout, tout à côté de nous.....
À regarder de l'autre cote de l'infini....la lumière n'y va plus
Depuis que dieu y a déféqué....on ne peut y sentir
Que la pourriture des siècles et des siècles ...une de
Cette odeur qui vous pique la langue rouge de bonheur....
On ne peut plus la rentrer dans notre bouche...elles sont
Trop grosses...gonflées par la gangrène de nos mots criés
À la volée des hommes....ciel d'eau.....terre de mousse.....
Cœur de sang......on se fait avaler de partout.....perdu dans
Les nuages de sperme...le soleil ne nous réchauffe plus......enfer
De ciel...a jamais figé dans le bleu de la glace...on restera entremêlés
À jamais...sous la huée infernale des enfants malades de Dieu...... je me couche de tout mon sexe sur votre ventre...
Sentir votre cœur palpiter....taper de toute
Sa violence organique sur mon good de chair........
Celui que j'aime à me faire manger par vos
Serrures.....clé de sang pour un corps de lumière....
Lorsque je la rentre doucement...votre chaleur
Se met toute entière en mon amé fou de vous...OUI......
Je suis en perpétuelle excitation à vous penser....
Rien ne peut m'empêcher de rêver à vous. Je
Ne veux plus me réveiller ...être à jamais dans votre
Merveilleux univers de douleur amoureux...je suis un
Soleil bavard lapant tout le bonheur du monde......
Je suis demain......toujours demain, attendant la folie
Dans cette imaginaire perdu, pendant à la langue du
vieux con barbu.....dieu est vivant, mais perdu dans l'océan
De son slip
Cathédrale de chair...recouvrant le ciel...
La lumière ne passe plus...le noir s'étend
Dans la bouche des gens.....liquide jaunâtre coulant
De leurs dents...bavez toutes vos angoisses...pissez
Les déféquez tout ce qui vous barre la vue.......riez
À perdre vos dents.....ressentez la mort cavaler le long
De votre bras...venant se perdre dans un coin de votre sexe
De lumière...jalouse de vie....boite de chair et de poil.....
.....enfermée dans des camisoles de morale.....nos esprits coulent dans les
Fleuves
D’interrogation..... La fin... ne rien savoir de plus...
Je bois votre amour au sexe des anges...!

 

Je suis dans quelque chose.....chaud ...doux....tranquille....je chie...je pisse....
Je mange dans ce petit infini de solitude....se sentir entier dans la plénitude du flottement.....en train de voler...peinard....

 

   

 

 

 

 

 

 




   

Jean-Paul Gavard-Perret
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Grégoire Dalle et Philippe Favier
lors de l'expostion chez Frédérique Martiningo
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Né en 1957 à Saint Etienne, Philippe Favier est diplômé des Beaux-arts de Saint Etienne où il enseigne. Son imaginaire est celui d'un cartographe méticuleux mais paradoxal. Il se voue à l'érection de territoires fantastiques, de cités utopiques, d'îles bleues ou jaunes d'or qu'il cartographie avec plus que le goût du détail millimétrique. On n'est pas loin de Bosch, du Surréalisme mais on est surtout bien au delà. Nous y reviendrons.

Grégoire Dalle est quant à lui graphiste indépendant mais aussi « alternatif » dans le sens musical du terme . Après une scolarité qu'il définit lui-même comme « lamentable »…, l'artiste a étudié à l'école CEPRECO à Roubaix le dessin, le graphisme et les logiciels de PAO.

Son univers est un monde intra-utérin qu'il tente de transformer en suite d'images
pieusement iconoclastes. C'est donc à partir de l'infiniment petit et caché qu'il remodèle un monde ou plutôt une série de mondes puisque tous s'emboîtent les uns dans les autres comme des poupées gigognes.

On comprend très vite que les deux artistes réunis par Frédérique Martiningo ont un projet si l'on peut dire commun : nous faire sortir de notre aliénation perceptive à travers des fantasmagories qui brassent et reprennent ce que traitement de l'image et histoire de l'art nous ont appris jusqu'ici.

Tous deux sont des maîtres du dessin. Ils le (mal)traitent loin des registres admis (même si des connexions sont possibles ) et surtout Dalle qui n'hésite pas à jouer du jeu des citations textuelles au besoin.Et si leurs œuvres respectives peuvent faire penser à la bande dessinée comme au dessin surréaliste ou celui du pop-art leurs ambitions les portent ailleurs.

Dans les deux cas nous sommes confrontés à des univers entièrement insolites incompatibles avec le monde familier même s'ils tiennent du monde réel les divers éléments qui les composent. Ils leur font subir de mystérieuses transformations. Ils changent parfois de formes, parfois d'échelles ou de couleurs. Ils n'obéissent plus aux mêmes lois, ne se déplacent plus de la même façon et parfois entrent en conflagration. Lignes, formes, formats semblent perdre leurs propriétés. Ces deux univers sont aussi identifiables qu'inimaginables. On n'y trouve pas de monstres venus d'autres planètes tout y est terrestre, reconnaissable mais répond à une autre économie .

En outre ces deux mondes déconcertants possèdent sous leurs bazars hétéroclites une incontestable unité qui fait leur force. Ce ne sont pas des bric-à-brac de bizarreries arbitraires et insignifiantes. Ils signent une identité paradoxale de ce que nous vivons à l'intérieur (inconscient personnel et collectif) comme à l'extérieur. Si les étrangetés foisonnent elles ne sont pas gratuites dans la mesure où elles articulent une re-présentation et une pensée. Les deux artistes créent un monde parallèle mais concomitant au nôtre avec des lois précises sous des apparences démentes.

Il va de soi que ces deux irréguliers de l'art montent parfois des fantaisies arbitraires. Toutefois elles correspondent toujours à une sorte d'érudition en surfusion, mixage d'un vocabulaire ésotérique et d'une syntaxe que leurs prédécesseurs ont élaboré (Lichtenstein par exemple). Rien de plus délicieux et vivifiant que de se confronter à ces confidences figurées. Elles sont bien plus que la transcription d'un songe à la manière réductive du surréalisme. Dalle et Favier donnent la preuve par l'absurde que leur monde vaut mieux qu'une glissade onirique ou féerique. Leur force ne dérive pas de la gratuité mais de la cohérence.

Jean-Paul Gavard-Perret

   



 

 

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